J'écoute : A peu près n'importe quoi.
Je regarde : Le ciel, très souvent, les hommes qui passent, des pages de livres, l'écran...
Je lis : ... toujours plusieurs livres à la fois.
Je joue : non
Je mange : Ben oui, quand même.
Je bois : Du thé, surtout
Je cite : Les répliques de BD ou quelques vers du Cid
Je pense : Le moins possible
Je rêve : Sans doute, mais je ne me souviens jamais de mes rêves
(mis à jour dimanche 10 janvier 2010 à 17:09)

21/03/2010

21/03/10 - 18:11

Points

1. Je suis allé voter aujourd’hui, mais (pour des raisons politiques et, surtout, personnelles), c’était beaucoup moins bien que la semaine dernière. Comme d’habitude, la prononciation de mon nom et de celui de ma ville (bourg ou village seraient plus justes) de naissance a été fautive. On a ensuite constaté, plus sur le ton du regret que sur celui du reproche, que je n’avais pas l’accent attendu.
2. Fin de lecture du recueil «Ne rien faire» et autres nouvelles, paru en 2007. La nouvelle éponyme est de Jean-Baptiste del Amo (ci-devant Garcia). J’y retrouve son amour immodéré des adjectifs et des adverbes. Je m’y rends compte aussi que ce garçon a fait des progrès incroyables entre ces quelques pages et son Éducation libertine de 2008, un roman qui m’avait particulièrement impressionné par sa maîtrise narrative et stylistique. Et, au milieu de textes d’inégale importance, quelques pages qui manquent un peu de maturité, et que leur auteur (âgé alors de 17 ans, comme son personnage principal), Emilio Sciarrino, intitule «Ma rhétorique et ton tee-shirt vert pomme». Il s’agit d’une longue lettre adressée par un lycéen à l’un de ses condisciples, au moment de la séparation des vacances d’été. Le dernier mot de la dernière phrase d’un paragraphe par ailleurs maladroit me bouleverse:


Les mots sont venus tout seuls, comme d’habitude, sans contrôle. Ils viennent et je les guinde d’une volonté de fer; je voulais te dire, dans mon arrogance primitive et rauque, des choses enflammées. Or il faut maîtriser le feu. Je puise avec des pinces prudentes dans le brasier ténébreux. Je refroidis et modèle mes morceaux de cœur. Je te les offre joliment, avec la pauvre rhétorique de mes dix-sept ans. Avec ma rhétorique de pédé.

Emilio Sciarrino, in Ne rien faire et autres nouvelles, Paris, Buchet Chastel, 2007, p.128.



3. Longues heures de réunion dans les locaux de Paris VII, et je me rends compte, dans un bref moment d’inattention pendant lequel mon regard s’échappe par la fenêtre ouverte (il faisait merveilleusement doux pour cette première journée de vrai printemps, ce vendredi), que l’on voit, prêt à s’envoler au-dessus les toits de Paris, l’ange dorée de la colonne de Juillet.


Le génie de la liberté.

11/03/2010

11/03/10 - 08:36

Familles, je vous…

Reprise (enfin) du cours d’allemand. Il y a bien longtemps que j’ai abandonné toute ambition linguistique dans cette langue, mais j’essaie juste d’entretenir un médiocrité suffisante pour acheter un billet dans une gare ou commander un truc au restaurant.
Nouveau prof, nouveau public. Et nouvel exercice de conversation: pour se présenter tout le monde dit son nom, explique où il habite, parle de ce qu’il fait et… rend public le nombre de ses enfants. Je passe assez vite. La prof s’extasie de certaines coïncidences: «deux enfants, comme moi, de 4 et 15 ans!» Ma mauvaise humeur monte un peu.
Nous spéculons ensuite sur une image (un jeune type en costume, marchant d’un pas pressé) avant d’écouter un texte où il expose son métier et ses états d’âme: depuis qu’il a un enfant, c’est difficile de concilier vie professionnelle, vie culturelle, etc. La prof commente bizarrement en disant que parler avec ses enfants contribue aussi très largement au développement culturel des parents. Après ce sous-entendu un peu lourd (j’adore quand un cours, surtout un cours pour adultes, comme là, se transforme en leçon de morale familiale), elle demande ce que nous pensons du personnage et de son discours: ce sera facile, elle a bien préparé le terrain.


Petit silence. Avant qu’une salve de commentaires normatifs (quoique linguistiquement hésitants) ne s’abatte sur ce type, je prends la parole pour dire qu’il va très bien dans son travail et qu’il ne semble pas regretter d’y passer beaucoup de temps, et que son seul problème, c’est sa famille et son fils, qui l’empêchent de sortir autant qu’auparavant. Tout cela dans mon allemand médiocre, mais convaincu. Ouf! Je n’ai manifestement pas dit ce qu’il fallait, mais ça m’a fait du bien quand même. Gros silence.

07/03/2010

07/03/10 - 16:06

Un jour, peut-être, le printemps…

Lever traumatisant hier (mais c’est vrai que me lever est toujours traumatisant), avec encore une couche de neige dans la rue et des rafales de flocons. Bien sûr, c’est joli à travers la vitre, mais il faut bien vivre et sortir de l’appartement.


Devant ma fenêtre, tempête de neige à 8h du matin.

Une fois sur le vélo, et avec l’expérience de toutes les chutes de cet hiver (les miennes et celles venues du ciel), je me rends compte que la neige n’est pas trop glissante et que ça roule. Seul inconvénient, malgré tout: j’arrive à destination avec le pantalon souillé d’un atroce mélange de neige fondue et de boue.
Tout cela fond à peu près pendant les réunions du matin, et je peux rentrer tranquille, me réconforter avec ce film, emprunté à la médiathèque en hommage à Rohmer, La Femme de l’aviateur, dans lequel les personnages se livrent à leurs marivaudages habituels: des dialogues délicieux, avec une longue promenade dans le parc des Buttes Chaumont (?), déjà vert malgré un temps de printemps capricieux.
J’en émerge avec des envies de vrai soleil, de conversations légères, de relations coquines, de consolations et d’amours faciles. En somme, rien de bien nouveau par rapport à mes envies habituelles, quoique je fusse passé, grâce aux images, de l’apathie lassée à une forme de vague désir.


Philippe Marlaud s’endormant au buffet de la Gare de L’Est.

06/03/2010

06/03/10 - 08:16

Utopie

Alors que, non seulement on nous annonce un retour de l’hiver (ah bon, il était parti?), mais que nous sommes effectivement sous la neige (à vélo, j’adore!), alors que, ce samedi encore, je dois aller travailler (déprime assurée, quand la fin de semaine ne commence que le dimanche pour se finir le dimanche), je termine sous les draps et le ciel floconneux vu à travers le velux, au-dessus du lit désert, ce roman de Pavese, Le Bella estate. Contrairement à ce que le titre semble annoncer, il se déroule presque entièrement en hiver, pour se terminer lui aussi sous un ciel de neige. Et l’humeur du personnage s’accorde bien avec la mienne:


In certi momenti, per le strade, Ginia si fermava perché di colpo sentiva persino il profumo delle sere d’estate, e i colori et i rumori e l’ombra dei platani. Ci pensava in mezzo al fango e alla neve, e si fermava sugli angoli col desiderio in gola. «Verrà sicuro, le stagioni ci sono sempre, –ma le pareva inverosimile proprio adesso ch’era sola. –Sono una vecchia, ecco cos’è. Tutto il bello è finito».

Cesare Pavese, La Bella estate, Paris, Gallimard (coll. folio bilingue), 1955, p.254.





Bon, je fais un peu semblant, parce que le lecteur doit imaginer que, le bel été, c’est celui qui suivra, celui que le petit groupe de jeunes gens va vivre après cet hiver où ils expérimentent leurs sentiments, où ils testent leurs cœurs et leurs corps. Mais quand même, quelquefois, c’est difficile d’y croire.

28/02/2010

28/02/10 - 15:46

Sortir ou non…

Spectacle de danse au théâtre du Maillon, jeudi soir: des chorégraphies de Paulo Ribeiro, White Feeling et Organic Beat, très jolies sur le papier (cela faisait partie de mon abonnement). En vrai aussi peut-être, mais je ne pourrais jamais savoir puisque je ne n’y suis pas allé. Pour une fois, je n’ai pas eu le courage de ressortir à vélo sous la pluie, pas eu la force de faire les quelques kilomètres à travers la ville pour me cultiver l’esprit, ou pour me vider la tête, pas assez de volonté pour ne pas me laisser submerger par les complications professionnelles, les tensions, la conscience de ma faiblesse. C’était donc une soirée humide et triste, comme j’en prends quelquefois, à ruminer bêtement, à ne pas garder la distance nécessaire pour vivre ma vie en dehors de mon travail et de mes responsabilités. Et finalement, je suis encore frustré aujourd’hui, tant ce genre de spectacle me ravit d’habitude.
Heureusement, le ciel et mon esprit s’étaient dégagés le lendemain matin, et l’eau de la piscine était douce, sous le froid soleil de février.


J’ai hésité samedi matin entre le film de Tom Ford et celui de Martin Scorsese. Si je me suis dirigé vers le premier, c’était moins avec l’idée de pleurer devant l’écran (un de mes grands plaisirs dans la vie!) qu’avec le raisonnement qu’il est moins commercial, donc susceptible de rester moins longtemps à l’affiche. Un critique a dit méchamment que le réalisateur nous servait là comme une longue publicité pour un parfum… Les publicités pour les parfums ne me font pas pleurer. Ce film non plus, c’est vrai, mais cela ne m’a pas empêché de bien l’apprécier. Je pourrais en retenir, très anecdotiquement, qu’il y avait donc un temps où les universitaires pouvaient se payer de jolies maisons, avec du bois et des vitres partout, une femme de ménage, une voiture et deux chiens (quoique, pour être tout à fait honnête, si le personnage habite ce type de maison, c’est que son amant est architecte). Mais je préfère me souvenir des images, de la lumière, des couleurs, des relations d’amour et d’empathie qui unissent les personnages, de leurs visages et de leurs corps sublimés par le regard caressant de la caméra et du réalisateur, et peut-être aussi qu’on ne peut pas vivre sans se libérer du passé, fût-il heureux. Mais cela, je le savais déjà; ce film ne fait qu’en donner une sublime illustration.
Reste à lire, encore, le roman d’où est tiré ce film, œuvre d’Isherwood, dont j’avais beaucoup aimé l’autobiographique Christopher et son monde.

22/02/2010

22/02/10 - 08:09

Père et mère

Côté père, le film de Bernard Bellefroid, La Régate, avec Joffrey Verbruggen pour le personnage principal, Alexandre, le fils, et Thierry Hancisse dans le rôle du père. J’en suis ressorti avec une forte impression. Jacques Mandelbaum, dans Le Monde, parle de l’«amour dénaturé», d’un père qui frappe son fils «parce qu'il n'aime pas leur vie, parce qu'il ne s'aime pas, parce que c'est sans doute le dernier moyen, paradoxal et scandaleux, d'exprimer son amour à son fils.» En fait, le film est centré sur le personnage du fils, qui oscille entre la révolte, l’envie de faire sa propre vie, la résistance à la folie paternelle, et le besoin d’aimer ce père, malgré tout, de l’aider, de vivre avec lui, de profiter encore de l’innocence de l’attachement au père. On sait que cela ne pourra pas durer, bien sûr, parce que les fils grandissent et, la plupart du temps, ils deviennent plus forts, se libèrent, comprennent qu’un attachement, cela doit se construire, que la violence n’est pas une nécessité, que le contact des corps peut être doux. Avec ma mémoire de canari, j’ai oublié les termes exacts de la dédicace, qui vient tout à la fin, sur l’écran noir précédant le générique, offerte (très approximativement) aux pères qui n’arrivent pas à être des pères, et aux fils qui refusent d’être des fils. Ce père du film, qui porte mon prénom, cette semaine difficile où j’ai eu l’impression de lutter sur plusieurs fronts et d’être seul… et toute la tension accumulée pendant la séance s’est répandue en larmes bêtes, quoique nécessaires pour que je puisse me lever de mon fauteuil et repartir sous le ciel gris de pluie.



Côté mère, le roman de Gilles Leroy, Zola Jackson (j’espère qu’on se souvient encore de son Amant russe), avec une héroïne enfermée dans sa maison de la Nouvelle Orléans, pendant les inondations consécutives au cyclone Katrina, vivant encore pour son fils disparu, criant encore sa vie et son amour, l’amour qu’elle n’avait pas su dire:

Ils étaient beaux, les garçons, quelle que soit ma peine à le dire, et quelle que fût ma colère parfois; ils étaient beaux, pas comme des gravures de mode, non, ils étaient si sérieux avec leurs petites lunettes cerclées de métal, ils étaient si ternes dans leurs grandes chemises de flanelle, et, s'ils venaient à se frôler, dans l'escalier ou dans la cuisine, l'amour qui les unissait non seulement n'échappait à personne, même pas à la mère aveugle que j'étais, mais il explosait du cadre de la photo, il éclaboussait le monde et le monde en était renseigné alors, oui, vraiment, je crois que c'était le plus grand amour qu'il m'ait été donné de voir et j'ai craché dessus, cet amour je l'ai condamné au nom de ce que je méprise le plus, la reproduction, j'ai fait souffrir mon fils pour un principe auquel je ne croyais pas et je ne sais pas, je ne sais quand mon supplice trouvera sa fin.

Gille Leroy, Zola Jackson, p.85.

15/02/2010

15/02/10 - 08:21

Clichés (2)

De mon court séjour breton, je retiens très subjectivement, sans prétention à l’exhaustivité et pour l’anecdote…


- le petit sourire d’Alexis, à la réception, qui, me voyant revenir trempé le premier soir, m’a fait remarquer que l’hôtel mettait des parapluies à l’usage de ses clients;
- le regard surplombant du maître d’hôtel qui, à une de mes questions sur un dessert de la carte, au nom en langue ex-vernaculaire avec des suites de rn et de ei, que je me suis empressé d’oublier, s’est contenté de répondre, avec un soupir qui voulait dire «Ah! non, vraiment, ce n’est pas pour vous», «hé bien, c’est plein de beurre et de sucre», et je ne saurais donc jamais ce que c’était;
- le site admirable, s’ouvrant en amphithéâtre sur l’océan, qu’on devine, avec un peu d’imagination, sous l’urbanisme orthogonal de la ville reconstruite après la guerre;


- les hésitations du soleil, le samedi, laissant voir d’énormes morceaux de ciel bleu, jouant avec les vagues et les remous des flots sur les rochers;


- les animations désespérées du musées des beaux arts: entrée gratuite, assortie d’un «rafraîchissement», visite guidée (j’y ai échappé) d’une (pompeusement nommée) exposition en sous-sol, où l’artiste avait reproduit très très fidèlement des photographies à l’huile et au fusain, premier étage avec des tableaux (flamands, italiens, français) de lointaine catégorie, accompagnés de mauvaises photocopies couleurs expliquant en 4 pages, dans un remarquable effort de synthèse, toute la peinture européenne depuis la Renaissance, premier étage qui se développait dans deux grandes salles où quatre visiteurs (non, pardon, deux seulement, puisque je me suis rendu compte que j’avais pris deux gardiens pour des visiteurs nonchalants) pouvaient jeter un regard étonné sur les «œuvres», alors que leur oreille était parasitée (mais quelle importance à ce stade?) par d’apprentis comédiens venus installer leur cercle de chaises (la représentation publique devant faire partie de leur initiation) pour jouer l’un après l’autre des saynètes dont un mentor inventait les sujets anodins (mais moi-même, j’aurais été bien en peine, si…), et un rez-de-chaussée que, par bonheur, j’ai parcouru en dernier, craignant d’abord le désordre et la poussière d’un accrochage en cours, parsemé de marines (le port avant la guerre) et d’images naturalistes que le XIXe siècle produit parfois heureusement, et c’était le cas ici, comme pour me consoler largement de tout le reste;


- l’échappée de trois petits quarts d’heure, au milieu des longues journées du colloque, vers le port pourtant très laid, au bas du grand escalier du film Remorques, et l’ouverture, au bout de la jetée, vers l’océan aux eaux d’acier, immensité froide, anxieuse et infiniment belle.

14/02/2010

14/02/10 - 16:29

Retour chez les vivants

De temps en temps, le corps dit stop. Le mien, en tout cas. C’est ainsi que lundi, après une matinée normale (piscine, travail administratif de 11h à 14h et retour à la maison, enfin, pour déjeuner), je me suis mis, bien malgré moi, en mode pause: début terrifiant de sueurs et de vomissements (gastro? grippe?) et à peine la force de gagner le lit. Puis deux jours à ne rien manger, à dormir et à n’avoir de force pour rien; mais je reconnais ces types de symptômes. Après 30 heures de sommeil, trois kilos perdus et presque 2 jours sans souvenir, je me relève dans un état quasi normal. Plus qu’à réapprendre à vivre: refaire du vélo et retrouver le travail (mercredi après-midi), dîner, rendez-vous et sexe (mercredi soir), piscine (ce dimanche matin).
Bref, je suis de nouveau en mode lecture, même si le garçon de mercredi soir est reparti, la piscine, c’était un peu dur ce matin, et le travail a été passablement retardé.


Bretagne: la Pointe St-Mathieu.

31/01/2010

31/01/10 - 12:18

Clichés

Brest n’est pas un mot-valise et, contrairement à ce que les sonorités évoquent, il paraît que c’est très l’ouest. Je dois y passer trois jours la semaine prochaine, pour une sorte de congrès / conférence. Ce sera la première fois que je vais aussi à l’ouest, du moins en France (quoique, si j’ai bien compris, il y aurait déjà là de quoi discuter). D’où une espèce d’angoisse.


“Un peu plus à l’ouest”, dans Le Trésor de Rackam le Rouge

Je ne connais de Brest que ce petit gâteau à la crème de noisettes, mais ça ne suffirait pas à me convaincre, puisqu’il en existe une version beaucoup plus proche, en Champagne, même si les pâtissiers de Troyes l’ont rebaptisé Paris-Troyes. Plus intéressant, il y a ce marin, emprunté à Jean Genet, que Brad Davis incarne dans le film de Fassbinder, Querelle.


Capture d’écran: Querelle de Fassbinder.

Et, pour en finir avec les coutumes locales illustrées par le cinéma, il y a aussi les jolies (?!) scènes du dernier film de Christophe Honoré (malgré des recherches intensives sur l’internet, impossible d’en trouver la moindre trace imagée). S’il s’agit vraiment de coutumes locales, il va falloir que je case dans ma valise une coiffe et un tube (?) d’amidon.

Faute de mieux, une autre capture d’écran: le Breton des Chansons d’amour.

Je pars aussi avec des adresses de bars et d’autres établissements gay locaux (que, comme d’habitude, je m’abstiendrai de fréquenter parce que je suis trop timide pour y aller seul et / ou que, après des journées intensives, je n’aurai que l’envie de me promener au hasard des rues, et de lire un peu avant de dormir), avec l’idée que l’océan va être immense, effrayant et furieusement agité (alors que l’idée même du mouvement des marées me laisse perplexe), que la lumière va durer bizarrement tard, qu’il va pleuvoir plusieurs fois par jour dans une atmosphère de fausse douceur, et que les goélands vont ricaner comme en Méditerranée (sauf qu’ils ont sans doute là beaucoup plus de bonnes raisons de le faire). Et ne pas oublier non plus que les Bretons sont têtus, et pas tous gays, contrairement à ceux que j’ai plus ou moins bibliquement fréquentés ou vus dans des films.

27/01/2010

27/01/10 - 09:03

Traces

Certains presque tous, en fait laissent des indices de leur passage. C’est ainsi qu’il me reste, dans la salle de bain, un tube de dentifrice assorti d’une brosse à dents, et un étui à rasoir. Mais c’est souvent plus subtil et plus éphémère: serviettes humides après la douche, averses blanches sur la couleur des draps, écailles sèches sur la peau, qui partent, le lendemain matin, à la piscine ou sous la douche, odeurs sur l’oreiller. Quelquefois un livre ou un morceau de musique.
J’aime bien ces traces, et d’autres, qui ne resteront que le temps d’un souvenir, le crissement de la barbe, la douceur de la peau caressée, le regard inquiet, le petit soupir, le bisou du matin, l’endormissement sur l’épaule ou la main sur mon ventre, le goût de la langue, et d’autres choses encore.


Juste un reflet sur la table de la cuisine.

24/01/2010

24/01/10 - 19:00

Ennuis, servitudes et plaisirs

S’échapper. Longue et lente conférence, à laquelle je suis obligé d’assister après avoir introduit la conférencière. Ronron savant et subjectif, jargon pseudo-religieux. Je m’endors dans la chaleur artificielle de la salle, et je laisse mon regard s’échapper par la fenêtre. Sous le ciel gris et le paysage urbain, le froid de l’hiver, les parallélépipèdes des immeubles blancs, gris et crèmes, aux lignes droites et nettes. Et l’exception des toits rouges de la cité administrative, seul reste des bâtiments (ex-)militaires de l’Esplanade, où a été construit le campus dans les années soixante-dix. Et l’exception aussi des courbes de cette église un peu pataude, en forme dinosaure au cou dressé.


Église du Christ Ressuscité…

Voir et entendre. Au théâtre, à l’invitation d’un ami cher, long poème de Pessoa, Ode maritime, dit, crié, murmuré, chanté par un acteur-récitant fixe dans un décor minimal, pendant deux heures, devant une salle plutôt sage, mais qui par moment ne retient pas des accès de folie (contre-paroles, cris, départs bruyants, ronflements… surprenants et spontanés ?), deux heures lentes et immobiles, avec, parfois, la fulgurante beauté du texte et le départ vers un ailleurs. Et à la sortie, une averse de neige dans la lumière blanche des réverbères. J’avais bien fait de me laisser sortir, ce soir-là.


De ma fenêtre…

23/01/2010

23/01/10 - 10:49

Vœux régionaux (2)

Convié, un des jours de cette semaine, aux vœux que le maire adressait aux «forces économiques» de la ville (j’ignorais que nous appartinssions à cette catégorie!) en raison de ma petite fonction (pour mémoire, premier consultant en chef du service livraison de chez Büttel et fils). Le maire et le président de la communauté urbaine avaient bien fait les choses: petits discours très au point, politiques (au sens noble) sans être partisans (il valait mieux, vu l’aréopage de chefs d’entreprises; d’ailleurs le seul qui m’eût parlé ne s’est pas gêné pour me dire d’emblée qu’il était de droite).


C’était dans le quartier européen, et dans un des bâtiments qui apparaissent sur l’image (quoique le paysage fût, de beaucoup, plus hivernal).

Deux petites choses m’ont gêné malgré tout (pures mesquineries de ma part, bien sûr).
1) La présidente de l’institution européenne qui nous recevait, une Allemande, a fait sa petite allocution en français. Ensuite, les deux édiles n’ont pas prononcé un mot ni d’anglais ni d’allemand, alors qu’ils ont vanté le statut de capitale européenne, etc. (en revanche, si j’ose dire, il y a eu un quart de phrase en alsacien). Pour l’Europe, ce n’est pas gagné…
2) Les vœux étaient placés sous le signe du développement durable et d’une teinte vaguement écolo… Moyennant quoi on nous avait envoyé, avec l’invitation, un ticket de tramway pour des voyages illimités dans la journée. J’ai pris mon vélo, comme d’habitude, pour me rendre compte que les pistes cyclables, plusieurs centaines de mètres avant le lieu des réjouissances ont servi de jolis (et très pratiques) parkings à ouatures… Et le soir, à un tout autre endroit, alors que j’avais attaché mon vélo à un poteau de signalisation, sur un trottoir, je me suis fait engueuler par une automobiliste irascible qui voulait justement se garer sur ce trottoir-là… Alors, pour le développement durable, même dans notre bonne ville, il y a encore du boulot.

17/01/2010

17/01/10 - 10:39

Résistances

Lu dernièrement, ce roman d’Alain Blottière, Le Tombeau de Tommy, qui raconte le tournage d’un film sur le résistant Thomas Elek, un de ceux qui ont été fusillés avec Missak Manouchian:


J’ai été un peu déçu. Il y manque un petit quelque chose, une étincelle. Peut-être à cause du narrateur un peu froid, ne s’impliquant pas suffisamment, regardant les choses de trop loin, un peu indifférent au monde, sans histoire et sans avenir. Ou est-ce le parallèle trop attendu entre l’acteur du film et personnage qui le joue? On peut aussi regretter l’explication trop appuyée des faits historiques, alors même que tous ces résistants sont fascinants et admirables… Mais on est dans un roman, et il faut faire confiance au lecteur, à son imagination, à sa curiosité, à sa façon de remplir les vides et peut-être même (surtout?) à sa façon de ne pas les remplir, de se tromper et de comprendre les choses de travers. Enfin, dernier élément embêtant, mais qui n’est sans doute pas la faute de l’auteur, le film de Robert Guédiguian, L'armée du crime, sorti en 2009, raconte une histoire très proche, avec ce personnage de Tommy / Thomas Elek, joué par Grégoire Leprince-Ringuet. Les images du film -assez fortes- viennent parasiter la lecture et lui donner, justement, cette dimension poétique qui lui manque.


Il est de plus en plus beau, Leprince-Ringuet, non?

Reste tout de même l’idée d’un livre, presque un style, quelques belles pages, dont celle-ci :

J’observais son corps relâché dans la pénombre, comme rassuré par ma présence. J’avais envie de le serrer dans mes bras, de lui dire qu’il allait me manquer et qu’il ne fallait pas qu’on se quitte. Une envie, une attente que je n’aurais jamais comblée sans un signe de lui. Dans mon rêve, j’aurais aimé un regard vers moi, un sourire, une main tendue. Mais ses yeux ne quittaient plus ceux de Tommy. Alors j’ai su que je ne pouvais plus rien pour lui, qu’il était trop tard, que tout était fini.

Alain Blottière, Le Tombeau de Tommy, p. 206.

16/01/2010

16/01/10 - 11:14

Piscines

La piscine près de chez moi (ma piscine!) était fermée cette semaine, pendant 4 jours. J’ai pu tricher un peu en m’y rendant une fois de plus que de coutume la semaine dernière, mais au bout de 4 jours, je commençais à sentir la frustration monter: manque physique, puisque l’effort produit des endomorphines qui donnent du plaisir et incitent à recommencer, mais aussi déséquilibre qui me faisait rester le matin, à l’heure des séances, les bras ballants, l’esprit égaré, attendant bêtement que l’heure passe et plus tard, dans la journée, au milieu des activités habituelles, me disant que non, il y avait quelque chose qui n’allait pas.
Apparemment, je n’étais pas le seul dans ce cas puisque, à la réouverture, vendredi matin, malgré le paysage de neige et de froid, j’ai retrouvé tous les nageurs habituels devant les portes, prêts à se précipiter dans les vestiaires et dans le bassin. Nous étions donc plusieurs à en rêver la nuit.


Au premier plan, la piscine d’eau de mer de Bondi / Sydney, en août dernier.

J’ai appris à nager, plus ou moins bien, en CE² et CM² (en CM1 il s’agissait d’apprendre à skier, et je ne garde, de cette semaine de classe de neige que des impressions de froid glacial, d’impossibilité de monter sur ces deux planches sans tomber et se mouiller, de promiscuité désagréable dans le dortoir, de petits déjeuners avec du café quasi transparent dans des bols quasi transparents, d’un trajet pénible en bus, et de gadgets achetés en souvenirs pour les parents). Nager, cela fait partie des choses de l’école primaire que je n’ai pas oubliées, comme les tables de multiplication, les temps verbaux ou l’analyse logique (le verbe encadré de rouge, le sujet en vert, comme l’attribut, le complément d’objet en bleu, etc.).
La mer m’effraie. Il me faut le calme du lagon de Mayotte (gâché par l’absence de lunettes à ma vue, qui me faisait craindre d’effleurer un corail ou un monstre marin) ou la beauté sereine et puissante du Pacifique, au Vanuatu (avec le masque adapté). Mais les marées, les vagues, la fraîcheur, ce n’est pas pour moi.
Les piscines me conviennent. Celle, à Grenoble, quand j’étais étudiant, où j’allais le soir, en tramway (le petit bassin de 25 mètres me faisait toujours perdre le compte de mes aller-retour). Celle de Troyes, où je me rendais avec un collègue prof de maths, dont on avait retrouvé des cheveux blonds sur mon pull, ce qui m’avait bien fait rougir, à la cantine du collège (de nous deux, il était le plus sportif, ce qui n’est pas très difficile, et refusait de sortir de l’eau sans avoir fait un aller-retour de plus que moi). Celles de Strasbourg, bien sûr: le Wacken, qui permet, l’été, de nager sous le ciel; le centre nautique de Schiltigheim, peu profond, à l’eau tiède, fréquenté par les gamins canailles et les retraités, un peu loin de chez moi; et, à 400 mètres de la maison, la Kibitznau au nom exotique, à l’eau un peu froide, où je retrouve une sorte de paisible tranquillité.

11/01/2010

11/01/10 - 10:35

WÜRTH

À l’automne dernier, quand -cela paraît incroyable, mais c’était bien ainsi- il y avait encore quelques feuilles aux arbres, la neige ne recouvrait pas la ville et la campagne, et l’on échappait au froid, j’ai profité d’une invitation avec des amis pour visiter le musée / fondation Würth, à Erstein. Départ à 5 dans une petite ouature (expérience insolite pour un cycliste individualiste), 4 garçons sensibles et une FAP pour entendre nos réflexions indécentes et faire semblant (?) d’en être choquée.


Encore un autoportrait complaisant, dans un reflet de verre.

Reinhold Würth est un industriel allemand qui, s’ennuyant à mourir, développe l’entreprise de construction de son père et crée des fondations d’art contemporains pour distraire ses ouvriers pendant les pauses. On arrive donc dans la fondation d’Erstein (précisons que c’est en Alsace, juste au sud de Strasbourg) en passant dans l’enceinte de l’entreprise.


Le jardin de l’entreprise, vu à travers les stores du musée.

J’ai déjà dû le dire, l’art contemporain me laisse, au mieux, perplexe (non, j’exagère, il y a quand même des trucs, parfois, qui sont très jolis, même si je ne les voudrais pas dans mon salon. D’ailleurs ça ne rentrerait pas. Et puis je n’ai pas de salon.).
En ce moment, on peut voir une exposition qui s’appelle L’Ombre des mots, qui met en parallèle l’œuvre picturale du Chinois Gao Xingjiang et les écrits de l’Allemand Günter Grass. Je dois confesser que je n’ai pas bien saisi la pertinence du rapprochement entre les deux… Mais les textes de Günter Grass sont souvent très beaux, quant à la peinture de Gao Xingjiang, la plupart du temps dans les noirs et gris, coulés / jetés sur la toile, hé bien c’est souvent magnifique aussi.


Les Messagers, 2006.
Une des plus belles toiles, juste quelques silhouettes ébauchées à l’encre de Chine.

10/01/2010

10/01/10 - 11:45

Glacial

C’est chouette les vacances de fin d’année! J’ai pu passer quelques heures à parcourir des chroniques historiques du XVe siècle pour rédiger un article… C’était l’année 1437 qui m’intéressait mais, pour être à peu près sûr de ne rien laisser passer, j’ai lu tranquillement toutes les tables des matières et, dans la Chronique du Charles VII de Jean Chartier (un chroniqueur officiel du roi, édité par Jules Vallet de Viriville en 1858), je suis tombé sur le chapitre 103, dont le titre a attiré mon regard et m’a glacé:


Le chapitre lui-même, assez court, n’est pas moins sévère:


Le reste du texte s’en tient à la relation d’événements historiques, mais le narrateur s’arrête ici pour relater un fait qui lui paraît particulièrement important, même s’il se situe au-delà du royaume de France. On notera à la fois la précision des termes qui servent à décrire les actes (reprise du discours judiciaire, manifestement) et les considérations morales et religieuses qui justifient la condamnation.
Ce Jacques Purgatoire n’est resté dans l’histoire que pour l’infamie qu’il a subie. Et je ne peux m’empêcher de ressentir de la compassion pour lui, à travers les siècles. Et de me dire aussi que, si l’on brûle un peu moins aujourd’hui, il reste toute sorte d’autres méthodes.

03/01/2010

03/01/10 - 10:43

Revoir Arles…


Le musée de l’Arles antique, je l’avais découvert il y a quelques années. L’exposition était donc l’occasion d’un petit retour dans une ville qui m’avait déjà intéressé. Le musée est au bord du Rhône, dont on voit le cours depuis les grandes façades vitrées. C’est le cœur de l’expo, parce que les romains l’avaient domestiqué. Et, plus anecdotique, c’est aussi le fleuve de mon enfance et de mon adolescence, vu tous les jours, ou presque, et souvent franchi, en voiture, en bus, à vélo (bizarrement, je ne me souviens pas d’avoir jamais passé un des ponts à pied). Au sortir du musée, ses eaux d’où l’on a repêché le buste de César, reflétaient le crépuscule du soir, derniers éclats du soleil d’hiver. J’ai pensé que le temps avait passé, que j’étais parti bien loin, et que je ne regrettais heureusement rien de tout cela.


Ce court séjour m’a juste permis de repasser devant la cathédrale Saint-Trophime et ses sculptures romanes.
Ici, les élus, ceux qui sont gardés dans le giron des patriarches (une image très concrète du paradis).

Dîner solitaire dans un des seuls restos ouverts en cette saison. Le hasard a fait que je me suis retrouvé entouré de toute sorte d’emblèmes et de symboles footballistiques et taurins. Décor très décalé. Heureusement, ce n’était pas un soir de match ou de corrida et il n’y avait là que des touristes d’hiver, comme moi. Nourriture sans intérêt (mais il y aurait un créneau à prendre sur les garnitures de légumes qui ne soient pas du riz -fût-il camarguais- ou des frites). Quand je me suis rendu compte que, après les informations de la 2, j’en étais à regarder un match de foot sur Canal Sport, je me suis dit qu’il était vraiment temps de retourner à l’hôtel pour continuer la chronique picarde de Robert de Clari sur La Prise de Constantinople.


Ce cippe joliment orné était présent dans l’exposition César.

Je ne suis évidemment pas descendu au même hôtel que la dernière fois. Avis très partagé sur celui que j’avais réservé, avec des aberrations comme l’absence d’isolation ou de rideau de douche, la désorganisation de la réception ou la ouature garée juste devant la porte (je suis mince, mais tout de même, il a fallu me faufiler). J’ai protesté bêtement avant de me rendre compte que c’était justement le gérant-réceptionniste qui… Mais, plus tard dans la soirée, -petite vengeance?-, lorsque j’ai voulu rentrer et que je me suis trompé de clef et de porte, j’ai eu droit à une réflexion ironique… Et sinon, jolie salle de bain, excellent petit déjeuner (comprendre: avec un choix de thés épatant), lectures, nuit calme…
Et départ, au matin, vers Strasbourg.

02/01/2010

02/01/10 - 17:56

Vœux régionaux

Emprunt à Roger Siffer (art. dans le TNS Journal n° 1, nov.-déc. 09, p. 3) : e glückich’s nej Johr, e Bretschdell an’s Ohr un e Bibbes wie a Offerohr, ce qui doit donner en français «Bonne année, un bretzel à l’oreille et un zizi come un tuyau de poêle».

31/12/2009

31/12/09 - 10:27

Putain, c’est César !



Lorsqu’on entre à l’exposition César, le Rhône pour mémoire, au musée de l’Arles antique, on est accueilli par un buste énorme d’Auguste. Énorme et très abîmé par un séjour prolongé dans l’eau. 2000 ans, tout de même… Cette pièce a été déplacée de quelques mètres pour l’occasion, mais elle fait partie des collections permanentes. Il faut ensuite passer par une série de salles comportant principalement des amphores (mais alors, toute sorte d’amphores, des ventrues, des allongées, des fines, des courtes, des jolies et des moches, des à huile et des à vin, des espagnoles et des égyptiennes, avec ou sans bouchon, avec ou sans étiquette explicative…). On sait donc à peu près tout sur les amphores et la manière de les transporter, sur ce que cela implique de commerce et d’organisation, de politique et de social. C’est déjà passionnant et pédagogiquement très au point.
Et puis l’on arrive dans les toutes dernières salles, principalement la dernière, qui baigne dans une lumière artificielle dorée qui particularise les œuvres dans la pénombre. Et de nouveau des bustes. Tirés du Rhône. Et celui de César. «Putaing, c’est Césareuh!», c’est ce qu’auraient dit les plongeurs-archéologues en découvrant ce buste extraordinaire au milieu des tas d’amphores. Il y a de quoi montrer son émotion.
Contrairement à celui d’Auguste, à l’entrée, celui-ci est grandeur nature et superbement conservé. Et l’artiste a donné à ses traits une humanité incroyable et émouvante, en représentant un visage inhabituellement disymétrique (donc en rien idéalisé), par les petites rides des joues ou des paupières, la chevelure en désordre étudiée… C’est tout à fait fascinant, cet artiste qui nous fait ce cadeau à travers les siècles.


On trouve une publicité incongrue pour cette exposition dans l’avant-dernier Têtu, alors qu’on cherche en vain en quoi elle est gay friendly (ou hétéro friendly)… Quoique j’aie surpris des bisous entre gardien et caissier, que j’ai attribués aux habitudes d’amitié démonstrative des Méridionaux (il y avait aussi un fond d’écran avec 2 jeunes hommes enlacés dans une salle de l’administration du musée; mon regard s’y est arrêté alors que je négociais âprement -il y avait foule- mon manteau et mon chapeau au vestiaire à la sortie; mais j’ai peut-être trop d’imagination).

26/12/2009

26/12/09 - 09:07

Météors...

Une de mes sœurs m’a envoyé un paquet, reçu (hasard? en tout cas, ce n’est pas mon anniversaire et je n’ai rien remarqué de particulier à célébrer), le 24 décembre au matin. Résultat: une cravate (fort jolie), un cédé du groupe Indochine, et une petite carte enfantine illustrée artisanalement par ma nièce. En fait, si l’on excepte un jour de folie où nous nous sommes parlés par webcam interposée, je ne l’ai pas vue depuis 2 ans, je crois (c’est toujours mieux [?] que l’autre, où je ne compte plus les années). Et tout d’un coup, ce cadeau qui paraît un peu incongru et affectueux.
Indochine, c’est quelque chose d’un peu lointain et familier (quand elle était étudiante, ma sœur rencontrait Nicola Sirkis en allant chercher des croissants le dimanche matin). Premières écoutes du cédé. J’aime bien. Paroles un peu nostalgiques, un peu révoltés, un peu amoureuses, un peu plus mûres aussi. Et c’est bien la même voix.
Bon, tout cela pour dire que j’étais ému de cette attention, et que l’émotion se prolonge pendant l’écoute, pour un tas de raisons tout à fait subjectives.